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» roman «

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MessageSujet: » roman « Mar 5 Avr - 11:08




ROMAN OLSEN



ft Ben Robson


Don't you ever tame your demons
But always keep 'em on a leash

rescapé ; nouveau



» Carnet de santé «
Je n'y suis venu qu'une fois, alors qu'enfant j'avais cisaillé mon bras pour mourir. C'était avant que l'on m'envoie en Chine. Je m'en souviens à peine, le souvenir parait faiblement à travers les volutes de fumée qui embuent mes ombres. Mais parmi elles se distingue celle de Sofia, triste, seule et sublime. Elle s'est improvisée, trop jeune, la déesse de mes résurrections et demeure depuis celle par qui, toujours, le monde arrive.


» Son histoire «


« On m’a demandé de vous parler de mon père. La famille du funérarium pensait qu’il était naturel que je m’adresse à vous pour parler, devant lui, d’un cadavre dont ils ont momentanément suspendu la décomposition. Ils l’ont foutu, comme ça, entre parenthèses, et sont allés vider ses tripes et remplir ses veines d’un produit qui retient son odeur. Puis ils l’ont habillé et mis en scène dans sa boite pour que tout le monde voit qu’il avait les moyens de pourrir sur du satin. Et avec son unique fils derrière le micro, ils se sont dit qu’il n’aurait pas meilleur panégyrique. Alors, allons-y. Mon nom est Roman Olsen et je vais vous parler de mon père.

Comme beaucoup de monde ici, Eric Olsen a cru, jeune, reconnaitre de l’amour dans la même réaction chimique qui pousse les animaux à se reproduire. Et tel que vous le voyez, là, mon père est la parfaite allégorie de son mariage ; il est l’inévitable échec d’un parcours trahi par ses naïves illusions. Son cœur immobile gorgé d’inhumaines molécules s’encombre de ce qui permettra à ses restes de moisir tranquilles. Son cerveau éteint n’a plus rien à offrir sinon l’estime d’une étreinte cannibale. Il git dans sa propre fange, imperturbable. Et leur union, comme la couleur sur sa chair, s’estompe avec le temps. Plus rien, ici, n’atteste d’un soupçon de vie. C’est à peine si l’on croit qu’il s’est mû un jour.
Mon père était un homme résolu doté d’une inventivité que peu d’entre vous soupçonnent. D’un certain point de vue, j’imagine que l’on pourrait le qualifier d’ingénieux. Lorsque j’avais quatre ans, il entreprit d’éteindre ses cigarettes sur ma peau chaque fois que lui prenait l’envie d’en fumer une. Il me remerciait ensuite, saluant le sacrifice et mon dévouement dans sa lutte contre l’addiction. Puis il fit de moi le réceptacle des châtiments dus à la moindre déviance inspirée par ma sœur, afin qu’elle apprenne, vous voyez, que chaque choix a une conséquence pour un autre. Quand nous avons emménagé tous deux dans votre nation, il a adopté un chien qui fut nommé Roman et qu’il entreprit de battre lorsqu’il estimait que mon indiscipline le justifiait. J’ai d’ailleurs pour grande fierté de vous annoncer que Roman est mort de ses vieux jours et qu’aucun coup ne lui fut porté, une décennie durant.

Mon père n’avait rien d’un monstre. Il était l’archétype de l’Homme – au sens humain – le parfait représentant de sa race. Les monstres, eux, ont en leur sein toute la poésie que nous leur octroyons alors qu’elle vient à nous manquer, ils sont les cruels réceptacles de nos bassesses bien trop orgueilleuses pour s’imputer les horreurs dont ils deviennent les malheureux responsables. J’ai énormément de tendresse pour les monstres. Ils jouissent d’une vérité qui nous échappe et écopent de tous les maux qui viennent lacérer leurs cœurs et leurs peaux d’une beauté sans pareille. Nous sommes immondes, imparfaits, mortels. Nous sommes des erreurs et ces créatures nous le rappellent. Alors à défaut d’apprendre d’un tyran, j’ai retenu d’eux. J’ai grandi pensant deviens beau, sois monstrueux .

La plupart d’entre vous ne connaissent mon père qu’en qualité de diplomate. Certains se leurrent peut-être à imaginer qu’ils furent proches ou que vous eurent des rapports amicaux mais mon père était autant votre ami que ces posters de propagandes jurant ne vouloir que votre bien pour vous nourrir ensuite à leurs canons. Il ne se souciait de personne et s’il vous a un jour donné le sentiment d’être sincère, c’était simplement parce qu’il avait peur de mourir seul. Mais, mourir n’est-il pas au fond l’acte le plus solitaire du monde ? Je m’empresse de terminer, maintenant. La morphine se dissipe et j’ai envie de me foutre en l’air encore. Parfois, je me dis que j’ai réussi, la deuxième fois. Je me dis que tout ça est bien trop grotesque, si vulgairement orchestré pour être vrai. La vie est triste à chialer. Alors une part de moi, celle qui a le cœur dans l’opium, est persuadée que vous déambulez, pantins, dans les décors de mon antichambre. Et bordel, que la marche au purgatoire est longue.

Je m’en vais, maintenant. Loin de vous, loin mon enfance. Je fous le camp. Je vous laisse le soin de le brûler et faire ce qu’il vous plaira de ses cendres, ce n’est pas un piège, il n’y a pas de mauvaise réponse. Faites à l’image de l’homme, quelque chose d’approprié. J’ai un avion à prendre. Une vie à récupérer. Il parait que ma sœur a fait de moi un oncle. »



» Liens & Accointances «

Olsen, Sofia × Je trouve, dans une vérité particulière, le réconfort que l'on doit habituellement à une mère ; celle de lui appartenir. Je suis entier et tout à elle, une fragile création restée le dernier vestige d'un temps qui semble si inatteignable alors, qu'il ne peut être qu'au futur. Je lui remets mon avenir, mes talents précipités et les compétences que j'ai, brûlées, partout dans la chair et le sang. Elle est tout ce qui me donne un nom.

Burton, Charlie × Son cœur pur m'a paru tendre un piège avant de me mettre irrémédiablement à genoux. Il est sans caprice, l’œuvre d'un chagrin forgé par la musique et je contemple, sidéré, sa seule existence libre de tout le sarcasme qui fait le mensonge des lâches. Je le découvre, magicien, purger ma sœur du même noir qu'il a transmis aux yeux de leur fils. Il me plait de l'entendre dire son nom, So fi ah, comme s'il s'agissait de toute une phrase faite de mots profonds dont l'unique mélange n'est compris que de lui. Comme s'il en aimait le son moins encore que le sens.

Olsen-Burton, Aaron × Face à lui, mon savoir s'épuise. Je me retrouve, géant, l'ignorante bête au service de ses besoins les plus infimes. Je cède, conquis par l'évidence et m'improvise son oncle, lui jurant, sous mon égide, toute ma fidélité et mon allégeance. Je retrouve par sa naissance, séduit, toute l'innocence des monstres.

Bennett, Melitta × En Asie, je trouvais refuge dans les bordels ou les clubs noyés sous les vapeurs d'opium. Rien, à mes sens, n'égalait l'abandon d'un corps sous les divagations de l'esprit. Personne ne m'atteignait en dehors de quelques créatures sculptées par et pour la nuit. J'ai jeté mon ancre au Styx, pour mon premier soir à New-York, et suis tombé sur elle. Quelques heures ensuite, j'usais de mon héritage pour acheter l'endroit. Je ne changeais rien et la gardais surtout le joyau des lieux. Je la trouvais splendide et brisée, la plus magnifique créature qu'il m'eut été donné de voir et la laissais m'émouvoir aux larmes, brisant mon coeur fêlé par ses danses.

Stanford, Sahara × À venir.
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