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« Stand off × Ty »

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MessageSujet: « Stand off × Ty » Ven 1 Juin - 23:03


Ce n’était pas censé arriver aussi vite. Mais Bosco était mourant, et très à cheval sur les traditions. S’il avait une dernière volonté, il fallait y accéder. Donc il m’a demandé de sortir de prison. Il ne voulait pas que j’y aille en premier lieu. Donc voilà, aujourd’hui, je suis physiquement libre. Et je suis de nouveau seul. Je n’ai de nouveau plus rien à perdre. Et je ne vois pas ce que je gagnerai sur la route qui s’étend devant moi. Est-ce que je devrais en profiter pour quitter New York ? Me construire une vie ailleurs, ou personne ne connaît mon nom ? Est-ce que je mérite un nouveau départ ? Je me pose toutes ces question lorsque le soleil m’éblouit. Je suis dehors.

« Ty “Brisk” Gordon. Le retour du fils prodigue.»

Je connais cette voix. Et je n’aime pas la personne qui la possède. Un putain de serpent. Aucune face, et prêt à tout pour être protégé par les grands. Il vendrait sa mère si elle n’avait pas plus de couilles que lui.  « Lochlan. Toujours aussi cliché. » Je réponds en m’approchant de lui. C’était à prévoir, qu’il viendrait. Que ce serait le premier être humain que je verrai en sortant. Comme pour me rappeler que les connards ne grouillent pas qu’en prison. Des fois que j’oublie.

Il explose d’un rire forcé. Il a toujours fait semblant de m’apprécier, pour rester dans les bonnes grâces de Bosco. Et dans les miennes, parce qu’il a peur de moi. « Ah, ne fais pas ta mauvaise tête, avoue que je t’avais manqué. » Non. « Pourquoi tu es venu ? » Je demande en haussant les sourcils, blasé. Je sais pourquoi il est venu. Pour pisser sur son territoire pendant qu’il était encore en position de force.  « J’ai besoin d’une raison pour accueillir un gamin que j’vois grandir depuis qu’il a huit ans alors qu’il a passé un an en Enfer ? Je m’inquiétais pour toi. Je ne voulais pas que tu te sentes seul. » Et je sais qu’il dit ça pour me rappeler que je le suis. Et aussi qu’il m’a connu quand j’étais le plus vulnérable, et que c’est de nouveau le cas. Il a un service à me demander.

« Tu veux me demander quelque chose, et tu pouvais pas attendre que je me débarrasse de l’odeur de la prison. Accouche. »
Il soupire avec emphase. Quel cliché sur pattes, ce mec, c’est pas possible. « Rien qu’une fois, j’aimerais que tu me laisses tourner autour du pot. »
Je ne laisse même pas sa phrase reposer, j’ai horreur de brasser du vent. « Lochlan. »

Il lève les mains, l’air de dire qu’il se rend. Si seulement. « Ok, ok. Bon tu sais que je m’occupe des affaires de Bosco, depuis qu’il est mort, hein ? » Bien sûr que je le sais. Bosco ne s’en remettait pas de savoir qu’il allait devoir lui filer les rênes. « Je vais devoir donner le contrôle à cet imbécile. Pourvu qu’il ne me fasse pas me retourner dans ma tombe... », m’avait-il dit en soupirant d’un air fatigué, lors de sa dernière visite.

« Félicitations. » Je lui dis sans le penser, juste parce qu’il attendait que j’accuse réception de son information. Ca le déçoit, il espérait sans doute que je sois impressionné.. Peut-être qu’il fallait que j’ai peur, ou que je lui donne une médaille, je ne sais pas. « Hum… Ouais, merci, j’imagine… Enfin bon, Bosco m’a dit que tu ne voudrais pas revenir chez nous, mais je lui ai dit “Allons Bosco, le petit ne va pas abandonner sa famille, quand même.” » “Abandonner sa famille” ? La famille de Bosco n’était pas ma famille. J’agissais dans leur intérêt parce que c’était ce dont Bosco avait besoin. Bosco était ma famille. « J’étais loyal à une seule personne, et elle est morte, Lochlan.» Je commence à voir où il veut en venir, alors je fais un pas vers lui, me prépare physiquement à lui en mettre une, rien que pour lui rappeler à qui il parle.

Il recule d’un pas, regarde par terre pour se donner contenance et tend une main accusatrice vers moi. « Non, mais tu vois, Ty, ce genre de déclaration ne me satisfait pas des masses. J’veux dire… Comment veux-tu que je te fasse confiance si tu me dis des choses pareilles ? Tu sais des choses. Merde, tu sais peut-être plus de choses que moi. Et quand tu dis que tu n’es pas loyal au reste de la famille, c’est peut-être bête, mais j’me dis : “Lochlan, le petit va ouvrir sa gueule et nous foutre dedans. Peut-être pas aujourd’hui, peut-être pas demain, mais il va le faire, c’est sûr.” ». Sa voix tremble pendant qu’il dit ça. Il a parlé vite, parce qu’il s’énerve. Je souris. « Et donc, tu es venu me menacer, c’est ça ? »

Il sourit aussi, mais nerveusement. « “Menace”, “avertissement”, “promesse”… Appelle ça comme tu veux, on a pas besoin de mettre une étiquette dessus... » Ca se voit qu’il aimerait bien avoir le dessus. Et ça se voit qu’il n’est pas serein. Je lui fais peur. Si je fais le moindre geste brusque, il va se chier dessus, littéralement. J’ai toujours les muscles bandés, je suis immobile et il sait que c’est pas parce qu’on est devant une prison, avec des flics à l’extérieur, qu’il est tiré d’affaire. Et il sait que ses hommes me laisseront faire. « Ce que je veux dire par là, ajoute-t-il quand il voit que je ne réponds pas, c’est qu’on a passé un bout de chemin, ensemble, et je détesterais qu’on soit en mauvais terme. » Ce n’est pas une main tendue vers la réconciliation. Du temps de Bosco, si t’étais pas dans son camps, t’étais foutu. Il essaie simplement de me dire que le nom a peut-être changé, mais qu’il aimerait bien gardé les valeurs. Je me penche vers lui, chuchote presque, comme si je lui confiais un secret : « Lochlan. Je ne sais pas si tu as remarqué, mais je n’ai absolument rien à perdre. Donc si un jour je veux parler, je le ferai. » Il détourne le regard à nouveau. « Pour le moment. » Dit-il comme s’il avait peur que je l’entende.

Mais je ne vois pas de quoi il parle. « Hein ? ». Il souffle, essaie de reprendre contenance et bombe le torse. « Tu n’as rien à perdre. Pour le moment. Mais il va bien falloir que tu trouves une raison de vivre, un de ces quatre. » Dit-il avec détermination. Hum… Donc admettons qu’un jour, j’arrive à avoir envie de sauver ma peau, il s’arrangera pour que je le regrette, c’est ça ? Je ne vois pas trop comment ça peut arriver. Grâce aux médias, tout le monde sait que je suis un connard. Ce n’est pas demain que je vais me faire des amis. Et sincèrement, j’en veux même pas. Faudrait déjà que j’arrive à me supporter moi-même. Mais bon, je rentre dans son jeu quand même, hausse les épaules. « S’il faut que j’te bute avant que ça n'arrive, je le ferai. » Et il ne le verra pas venir. Lochlan rit sans joie. « Oui, le grand “Brisk”... “Si tu clignes des yeux, tu loupes tout.” je connais la légende, je t’ai vu à l’oeuvre. Mais ce n’est pas une manière très efficace de rechercher la rédemption, pas vrai ? » Je lève les yeux aux ciel. Laisse-moi donc m’inquiéter pour mon âme, va. « T’inquiètes donc pas pour moi. Je sauverai deux trois bébés phoques pour me faire pardonner. »

Ca l’énerve. Parce qu’il sait que je le buterais sans remords. Il perd pied. Il n’a pas eu le dessus une seule fois. Il n’a rien à m’enlever. « Sinon, je peux aussi te tuer maintenant, et m’éviter beaucoup de maux de tête. » Tu peux, oui. Enfin… Peut-être. Je souris et lui tourne le dos. Je reste comme ça, pour lui montrer ce que j’en fais de sa menace. « Bon courage. » Puis j’me casse. « Mes amitiés à ta fille. » J’ajoute avant de m’installer dans le taxi que la prison m’avait appelé et qui m’attendait depuis un baille. J’ai juste le temps de l’entendre me traiter de petit enculé, avant de refermer la porte.

« Où je vous emmène ? » Me demande le chauffeur, qui est en fait une chauffeuse. Sa question me fait oublier Lochlan. Je soupire. Comme un chien qui a perdu son maître, y’a qu’un endroit où je peux me rendre : « Calvary Cemetery. » Elle démarre. Et commence à parler. Pour toujours. « Brrr, j’aime pas les cimetières. Je trouve qu’il y fait froid. Bon après, je ne sais pas quelle est la température dans votre cimetière, mais dans le mien, il y fait toujours froid, même quand j’ai une veste. Enfin je dis “le mien”, c’est plutôt celui d’Ethan… »

C’est la première fois que j’entends l’accent texan pour de vrai. Et il sera celui que j'aurais le plus entendu de ma vie avant qu'on arrive. Peut-être que je devrais faire demi-tour pour laisser Lochlan me buter, en fait.
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